Préservation de la fertilité

Ce que dit la Loi * :

  • Quand peut-on préserver ?

    Dans le cadre d’une prise en charge en aide médicale à la procréation ou dans le cadre d’une préservation de fertilité pour indication médicale :

    • Le prélèvement d’ovocytes peut être réalisé chez une personne jusqu’à son 43e anniversaire ;
    • Le recueil de spermatozoïdes peut être réalisé chez une personne jusqu’à son 60e anniversaire.

    Pour les patients mineurs, lors des actes de préservation de fertilité, la présence et le consentement d’au moins un des deux parents lors de la consultation sont obligatoires.

    Dans le cadre d’une préservation de la fertilité pour indication sociétale :

    • Le prélèvement d’ovocytes peut être réalisé chez la femme à compter de son 29e anniversaire et jusqu’à son 37e anniversaire ;
    • Le recueil de spermatozoïdes peut être réalisé chez l’homme à compter de son 29e anniversaire et jusqu’à son 45e  anniversaire.
  • Quand peut-on utiliser ses échantillons congelés ?

    Dans le cadre de l’aide médicale à la procréation, l’utilisation de gamètes ou de tissus germinaux ou d’embryons congelés peut se faire : 

    • Jusqu’à son 45e  anniversaire chez la femme, non mariée ou au sein du couple, qui a vocation à porter l’enfant ;
    • Jusqu’à son 60e anniversaire chez le membre du couple qui n’a pas vocation à porter l’enfant.

    Dans le cadre de la restauration de la fonction hormonale, le tissu ovarien peut être utilisé jusqu’au 49e anniversaire de la femme.

    *Code de la Santé Publique, Articles R2141-36 à R2141-38 

Préservation de la fertilité non médicale (à visée sociétale)

La préservation de la fertilité non médicale consiste en la congélation des ovocytes après stimulation hormonale et ponction ovocytaire, ou en la congélation des spermatozoïdes après recueil de sperme, sans contexte médical particulier pouvant altérer la fertilité, c’est-à-dire sur votre demande, et dans un but d’utilisation ultérieure.

Cette possibilité de préservation est autorisée depuis la dernière loi de bioéthique de 2021 et est prise en charge à 100% par la Sécurité sociale, entre votre 29e et votre 37e anniversaire si vous êtes une femme, et entre votre 29e et votre 45e anniversaire si vous êtes un homme. Les frais de conservation annuels des gamètes seront à votre charge (environ 37.5€/an).

Vous pourrez par la suite utiliser vos gamètes :

  • Si vous êtes une femme : jusqu’à votre 45e anniversaire. Votre conjoint(e) devra être âgé(e) de moins de 60 ans. Veuillez toutefois noter qu’avoir une grossesse au-delà de 40 ans augmente le risque de complications pendant la grossesse et l’accouchement.
  • Si vous êtes un homme : jusqu’à votre 60e anniversaire. Votre conjointe devra être âgée de moins de 43 ans.
  • Chez la femme :

    Avant de congeler vos ovocytes, vous devrez réaliser une stimulation ovarienne par injections hormonales sous-cutanées quotidiennes, ce qui correspond au même protocole que les patientes bénéficiant d’une fécondation in vitro. Durant cette période, vous serez suivie par prises de sang et échographies régulières afin de pouvoir adapter le traitement à votre réponse ovarienne. Lorsque nous le jugerons opportun, en moyenne au bout de 10 à 15 jours de traitement, nous réaliserons une ponction folliculaire afin de recueillir les ovocytes qui sont situés dans vos ovaires. Cette ponction est réalisée dans la grande majorité des cas sous anesthésie locale et après une prémédication orale par antalgiques. Vous devez être accompagnée pour votre retour à domicile ainsi que le premier soir suivant la ponction.

    Nous insistons également sur le fait qu’il est impératif d’avoir des rapports protégés pendant toute la durée de la stimulation et jusqu’à vos règles suivantes, afin d’éviter tout risque de grossesses multiples.

    Les effets indésirables liés au traitement hormonal sont généralement bénins : douleurs abdominales, nausées, maux de tête, troubles de l’humeur, fatigue…
    Cependant, la ponction est assimilée à un acte chirurgical et n’est pas dénuée de risques. En effet, il existe lors de la ponction un risque infectieux, un risque hémorragique, un risque de torsion de l’ovaire avec possible intervention chirurgicale par cœlioscopie dans les suites. Si vous avez trop réagi à la stimulation ovarienne, il existe également un risque de syndrome d’hyperstimulation ovarienne, dans les quelques jours suivant la ponction, associé à un risque de phlébite.

    Ces risques restent relativement rares mais néanmoins graves et nous nous efforçons de les réduire, mais il faut bien en avoir conscience avant de vous lancer dans ce protocole de demande de préservation ovocytaire.

    Il est possible de devoir réaliser ce protocole de stimulation suivi d’une ponction plusieurs fois pour atteindre un nombre suffisant d’ovocytes congelés. Vous devez également savoir que le fait d’avoir des ovocytes congelés n’est pas une garantie d’obtenir une grossesse.

  • Chez l’homme :

    Il s’agit d’un simple recueil de sperme par masturbation. Plusieurs recueils peuvent être nécessaires : Parcours spermogramme.

  • Que vous soyez un homme ou une femme :

    Dans le cas où vous n’auriez pas utilisé vos spermatozoïdes ou ovocytes dans l’année qui suit leur congélation, un courrier vous sera adressé annuellement pour connaître votre décision concernant leur devenir. 

Préservation de la fertilité à visée médicale

La loi française prévoit que “Toute personne dont la prise en charge médicale est susceptible d’altérer la fertilité, ou dont la fertilité risque d’être prématurément altérée, peut bénéficier du recueil et de la conservation de ses gamètes ou de ses tissus germinaux, en vue de la réalisation ultérieure, à son bénéfice, d’une assistance médicale à la procréation, ou en vue de la préservation et de la restauration de sa fertilité.”

Les techniques de congélation et les frais de conservation sont remboursés par la Sécurité sociale.

Certains traitements, comme la chimiothérapie, certaines interventions chirurgicales (résection d’un ovaire ou résections répétées de kystes ovariens) ou certaines maladies, telle que l’endométriose ou un cancer, peuvent présenter un risque pour une fertilité immédiate ou future.

  • Chez l’homme, en diminuant ou en arrêtant la production des spermatozoïdes.
  • Chez la femme, en altérant la réserve ovarienne.

Les médecins qui vous suivent peuvent vous apporter des informations personnalisées sur les risques d’altération des fonctions de reproduction.

Lorsqu’une décision de préservation est prise, le choix de la méthode la plus appropriée est discuté avec l’équipe de préservation de la fertilité, en concertation avec le médecin référent de votre pathologie (selon le type du traitement prévu et son délai), et en concertation avec vous et/ou votre conjoint(e).

Cependant, il est important d’être conscient que ces cellules ou tissus congelés ne constituent pas une garantie d’obtenir une grossesse menée à terme. Cela représente néanmoins des chances de grossesse supplémentaires une fois la maladie guérie.

Dans le cas où vous n’auriez pas utilisé vos cellules ou tissus congelés dans l’année qui suit leur congélation, un courrier vous sera adressé annuellement pour connaître votre décision concernant leur devenir.

  • Techniques de préservation de fertilité masculine :

    L’autoconservation des spermatozoïdes éjaculés est la méthode la plus fréquemment employée. Elle est possible dès la puberté (13-14 ans), pour un homme même célibataire ou sans projet parental. Elle consiste en un recueil de sperme par masturbation au laboratoire. Les spermatozoïdes sont congelés dans des petits tubes appelés paillettes, identifiées à votre nom.

    Il peut être nécessaire de réaliser plusieurs prélèvements pour conserver une quantité suffisante de spermatozoïdes.
    Les spermatozoïdes peuvent rester congelés dans de l’azote liquide plusieurs années, sans que cela n’altère leur pouvoir fécondant.

    L’autoconservation de spermatozoïdes prélevés chirurgicalement est une technique réservée aux patients n’ayant pas pu obtenir d’éjaculat au laboratoire. Elle nécessite un passage au bloc opératoire sous anesthésie générale, au cours de laquelle le chirurgien pourra pratiquer soit une aspiration à la seringue de fluide contenant des spermatozoïdes, soit, après incision, un prélèvement de plusieurs petits fragments de pulpe testiculaire. Les spermatozoïdes retrouvés sont ensuite isolés et congelés dans des petits tubes appelés paillettes, identifiées à votre nom.

    La congélation du tissu testiculaire est une technique généralement réservée aux jeunes garçons avant leur puberté. Il s’agit d’une technique expérimentale qui consiste à congeler du tissu testiculaire après prélèvement d’une partie d’un ou des deux testicules.

    Pour les patients mineurs, lors des actes de préservation de fertilité, la présence et le consentement d’au moins un des deux parents lors de la consultation sont obligatoires.

  • Techniques de préservation de fertilité féminine :

    La conservation d’ovocytes matures est la technique la plus fréquemment employée. Elle est possible dès la puberté, et consiste en une ponction ovarienne précédée d’une stimulation hormonale de 15 jours environ. Cette stimulation hormonale peut poser problème pour certains cancers hLes spermatozoïdes peuvent rester congelés dans de l’azote liquide plusieurs années, sans que cela n’altère leur pouvoir fécondant.

    Une FIV avec congélation embryonnaire peut également vous être proposée si vous êtes en couple stable avec désir de grossesse préexistant à l’annonce de la maladie. Dans ce cas, le transfert d’embryon ne pourra se faire qu’après accord de votre conjoint, et après votre guérison

    La conservation de tissu ovarien est une technique réservée aux filles avant la puberté. Il s’agit d’une technique expérimentale qui consiste à congeler un ovaire ou une partie d’un ovaire qui contient la réserve folliculaire, qui sera par la suite greffée après la guérison. Cette technique ne nécessite pas de traitement hormonal et peut donc s’effectuer sans délai. Seules une cinquantaine de naissances ont été rapportées en France avec cette méthode et il existe un risque théorique de réintroduction de cellules cancéreuses lors de la greffe.

    Pour les patientes mineures, lors des actes de préservation de fertilité, la présence et le consentement d’au moins un des deux parents lors de la consultation sont obligatoires.