Chirurgie 

L’infertilité peut être causée par des pathologies utérines, tubaires ou ovariennes qui nécessitent une intervention chirurgicale. Celle-ci peut être réalisée par hystéroscopie ou cœlioscopie.

Intervention chirurgicale en cas d’infertilité : l’hystéroscopie

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  • L’hystéroscopie : qu'est-ce que c'est ?

    En cas d’infertilité, une intervention chirurgicale peut être effectuée, il s’agit ici de l’hystéroscopie. C’est en pratique une petite caméra que l’on introduit dans l’utérus en passant par voie vaginale en utilisant un milieu de distension (sérum physiologique).

    Le chirurgien introduit un instrument de 5 mm de diamètre dans la cavité utérine. À l’intérieur de cet instrument se trouve une optique qui permet au médecin d’explorer l’intérieur de l’utérus.

  • Quel est le but de l’hystéroscopie ?

    L’hystéroscopie permet de détecter une anomalie endo-utérine :

    • Polype (pédiculé ou sessile)

    • Fibrome (type 0, 1 ou 2)

    • Rétention trophoblastique après une fausse couche

    • Synéchies (accolement des faces de la cavité utérine)

    • Anomalies de la muqueuse utérine (atrophie, hypertrophie)

    • Caractérisation d’une malformation utérine 

    • Échecs répétés d’implantation d’embryons

    L’hystéroscopie opératoire permet de traiter ces pathologies, dépistées par hystéroscopie diagnostique, au bloc opératoire sous anesthésie générale ou locorégionale (rachianesthésie). Cette chirurgie dure habituellement moins de 45 minutes et se déroule souvent en ambulatoire.

    Pour une hystéroscopie opératoire, le chirurgien introduit un instrument de 8 à 10 mm de diamètre dans l’utérus. À l’intérieur de cet instrument se trouve une optique très performante qui permet au médecin d’explorer la cavité utérine. Il est possible de faire passer des instruments spéciaux pour pratiquer des actes techniques à l’intérieur de la cavité utérine en utilisant différents types d’énergie.

  • Quand réaliser l’hystéroscopie ?

    L’hystéroscopie se déroule en première partie de cycle, en dehors de tout saignement, entre le 6ᵉ et le 15ᵉ jour du cycle. Un traitement préalable par pilule peut être indiqué afin d’améliorer la performance de l’examen.

    C’est un examen peu invasif, qui se réalise sous anesthésie générale courte en unité de chirurgie ambulatoire.
    Il peut également se réaliser sans anesthésie dans les cas où l’objectif est juste diagnostique.

  • Complications possibles

    Les complications caractéristiques mais rares pouvant intervenir lors d’une hystéroscopie sont les lésions de la paroi utérine, pouvant aller jusqu’aux perforations utérines. Les infections sont très rares. Si l’intervention dure très longtemps, il peut y avoir un passage du liquide d’irrigation dans le sang, entraînant des troubles de l’appareil cardiovasculaire qui doivent être traités, mais cet évènement est très rare.

    Les synéchies sont des événements indésirables possibles après une hystéroscopie opératoire, c’est pourquoi il est parfois proposé de réaliser une hystérosonographie ou une hystéroscopie diagnostique dans les trois mois suivant l’intervention.

Intervention chirurgicale en cas d’infertilité : la cœlioscopie

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  • La cœlioscopie : qu'est-ce que c'est ?

    L’autre intervention chirurgicale qui peut être effectuée en cas d’infertilité est la cœlioscopie. C’est une technique qui permet de visualiser non pas l’intérieur de l’utérus, mais l’ensemble des organes pelviens (paroi externe de l’utérus, trompes, ovaires) et abdominaux.

    La cœlioscopie est une méthode de diagnostic et de traitement. Elle se pratique de plus en plus souvent comme intervention chirurgicale ambulatoire.
    Lors de chirurgie endoscopique en gynécologie (terme scientifique : cœlioscopie), il est possible, à l’aide d’une optique (endoscope), de regarder dans le corps par de petites incisions dans la paroi abdomino-pelvienne.

    Sous anesthésie générale, une petite incision est réalisée au niveau du nombril permettant l’insufflation de gaz carbonique (CO₂) dans la cavité abdominale puis l’introduction d’une caméra permettant de visualiser les organes. Les instruments chirurgicaux sont introduits par l’intermédiaire de plusieurs orifices de quelques millimètres de diamètre au niveau de la cavité abdomino-pelvienne.

  • Quel est le but de la cœlioscopie ?

    La cœlioscopie a pour but d’explorer le pelvis : on vérifiera l’aspect des trompes, des ovaires, de l’utérus, la présence d’endométriose et les éventuelles séquelles d’une infection. Les principales indications sont :

    Pathologies tubaires : évaluer la perméabilité des trompes (épreuve au bleu) ; si les trompes sont abimées, il pourra être nécessaire de réaliser une réparation de le trompe (plastie tubaire ou néo-salpingotomie) ou de l’enlever afin d’améliorer les chances de grossesse (salpingectomie pré FIV)

    Pathologies ovariennes : SOPK ou syndrome des ovaires polykystiques (drilling ovarien : réalisation de petits trous dans l’ovaire pour stimuler l’ovulation), kystes de l’ovaire (ablation d’un kyste)

    Pathologies utérines : fibromes

    Pathologies pelviennes : endométriose (ablation des lésions) ou adhérences pelviennes (levée d’adhérences)

    Infertilité inexpliquée et douleur pelvienne : état des trompes et des ovaires

  • Quand réaliser la cœlioscopie ?

    Il n’y a pas de période particulière pour réaliser une cœlioscopie, elle peut être réalisée à tout moment. Parfois, elle peut être couplée à l’hystéroscopie dans le cadre d’un bilan endoscopique de fertilité complet. Dans ce cas, elle aura lieu en début de cycle avec parfois un prétraitement par pilule contraceptive comme décrit dans le paragraphe sur l’hystéroscopie.

  • Complications possibles

    Les complications potentielles d’une cœlioscopie peuvent inclure principalement les infections (au niveau d’une des cicatrices ou à l’intérieur de l’abdomen), une hémorragie pouvant parfois nécessiter une transfusion, des lésions d’organes adjacents, des adhérences pouvant entraîner des douleurs (ce risque est diminué par la mise en place d’un gel anti-adhérences en fin d’intervention). Ces risques existent mais sont cependant très rares.

Intervention chirurgicale en cas d’infertilité : biopsie testiculaire

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  • La biopsie testiculaire : qu'est-ce que c'est ?

    Une biopsie testiculaire est un examen médical destiné à prélever un échantillon de tissu des testicules pour être analysé. 
Le patient doit généralement se raser la région génitale avant l’intervention.

    Une anesthésie générale est réalisée

    Le chirurgien fait une petite incision dans la peau du scrotum pour accéder aux testicules. Un petit morceau de tissu testiculaire est prélevé à l’aide d’une aiguille fine (biopsie percutanée) ou directement à travers l’incision (biopsie ouverte).

    L’incision est ensuite refermée avec des points de suture résorbables.

  • Quel est le but de la biopsie testiculaire ?

    En infertilité masculine, la biopsie testiculaire est réalisée lorsque le spermogramme révèle une absence ou une faible quantité de spermatozoïdes et que le bilan hormonal le permet, montrant la présence d’une anomalie de l’excrétion du sperme (c’est-à-dire une anomalie au niveau des canaux transportant les spermatozoïdes).

    Elle permet de récupérer en une seule fois des spermatozoïdes viables et de les congeler en plusieurs paillettes, permettant la réalisation de plusieurs tentatives de FIV-ICSI grâce au même prélèvement.

  • Complications possibles 

    La biopsie testiculaire peut se compliquer d’une infection au niveau du site opératoire ou d’un hématome. Dans de rares cas, il peut y avoir un risque hémorragique.

    Il est normal d’avoir des douleurs ou des ecchymoses après l’intervention.
    Le patient peut ressentir un léger inconfort ou un gonflement dans la région pendant quelques jours.
    Il est donc recommandé d’éviter les efforts physiques et les activités sexuelles pendant environ une semaine.